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Archives de Tag: réflexion

Grosse

Tous les jours, on juge. Des jugements qui généralisent, qui discriminent et surtout qui blessent. C’est devenu un réflexe de porter des jugements, d’évaluer tout ce qui nous entoure. Les jugements sont infinis et proviennent de partout. Telle célébrité qui fait la une des journaux à potins avec ses déboires avec la bouteille, telle collègue de travail qui passe un peu trop de temps à se mettre du « gloss » selon nous, tel voisin qui a une voiture toute neuve un peu trop au-dessus de ses moyens toujours selon nous, tel adolescent qui ne porte pas ses pantalons au bon niveau selon nous, etc. Plus vite que l’éclair parfois, les jugements semblent acceptés et pratiqués par une grande majorité de la société. Je ne parlerais pas ici d’où provient ce réflexe longtemps appris, mais plutôt de ses effets pervers.

Une catégorie de personnes qui subit de sévères jugements actuellement dans notre société est celle des personnes obèses. Le poids d’une personne présente une source de jugement qu’il soit au-dessus d’une certaine norme ou en dessous. Ce jugement me trouble tout particulièrement, ayant moi-même fais partie des obèses morbides. Il n’y a rien de mieux que de parler de ce que l’on connaît et surtout de ce que l’on a expérimenté. Même avec cette expérience, notre opinion ne représente que cela, notre opinion. Et une façon de changer les perceptions et donc les jugements est de s’intéresser à ce que ces personnes ont à dire. Si vous porter un jugement comme : elle est grosse parce qu’elle mange trop et qu’elle ne fasse pas d’entraînement, et bien votre opinion est limité et réducteur. Vous aurez tout pleins d’exemples à donner, entre autres cette émission télévisée « The Biggest Losers » qui semble-t-il réussit bien à faire maigrir ses participants qui mangent moins et qui font de l’exercice…plusieurs heures par jour! Une évidence depuis le début de cette série est que les participants reprennent presque en majorité du poids après leur départ. L’obésité est un problème beaucoup plus profond qui demande d’être traité et pas par quelques morceaux de légumes et de la sueur.

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Comme un alcoolique, ceux qui se médicament en mangeant vivent de grandes souffrances que seule la nourriture apaise un peu. Je me souviens de certains soirs où je sentais une boule de feu au creux de mon ventre et cette urgence de manger quelque chose pour apaiser cette douleur. Comme un cercle vicieux, on mange, on engraisse, on se juge sévèrement, on se sent jugé et l’on mange pour apaiser cette douleur grandissante. Les raisons, les douleurs qui nous poussent à manger au départ sont rejointes par une multitude d’autres au fil du temps.

Dans toute cette souffrance, il y a à la base l’amour de soi qui est abîmé. L’acceptation de qui nous sommes, de savoir et sentir que l’on a de la valeur. Toutes les grosses personnes qui vous diront qu’elles s’acceptent comme elles sont, c’est parce qu’elles ont baissé les bras. Dans le fond, elle se déteste elle-même et à l’évidence elle n’y arrive pas! Donc, elle continue de vivre au quotidien en se détestant de manière courante, car avec un embonpoint il est difficile de l’oublier. On a de la difficulté à se pencher pour attacher nos lacets, de la difficulté à monter les marches, de la difficulté à s’asseoir confortablement dans un avion et surtout de la difficulté avec les regards des autres. Si vous pensez que votre regarde de dégout la motivera à se prendre ne main, eh bien vous avez tout faux. Vous la blessez comme elle le fait déjà si bien presque constamment!

Baisser les bras, c’est aussi ce que j’avais fait avant mon opération et avant de comprendre un peu plus. J’ai tant cherché à comprendre, car pour moi c’est de cette façon que j’arrive à améliorer ma qualité de vie. Quelle libération lors de ma première rencontre avec le médecin qui me dit que même si je mangeais bien et que je m’entraînais jamais je ne pourrais être mince par moi-même. Le métabolisme est souvent en mode survie chez une personne obèse et il fait tout en son pouvoir pour conserver les précieuses calories emmagasiner. Et ce métabolisme il a été déréglé comment? Avec des régimes, des jeûnes et surtout des séances intenses de haine envers soi-même. C’est la raison principale d’un régime, on hait son corps. On ne cherche pas à comprendre pourquoi la nourriture nous fait du bien quand on ne se sent pas bien. Et plus on engraisse, plus on se sent mal tout le temps!

Ma vie a beaucoup changé depuis que je m’allège. Je ne me hais plus autant. J’en suis venue à prendre conscience que ce mal émotif il a ses sources et que si j’y regarde bien, je peux guérir. Guérir mon corps et mon cœur. Dernièrement, j’ai commencé à suivre une émission de télévision sur la toute nouvelle chaîne d’Oprah, OWNAddicted to Food , qui est filmé au Texas sur le site de la maison de rétablissement Shades of Hope, met en scènes des personnes obèses et anorexiques, les traitant comme on traite une dépendance aux drogues et à l’alcool. Car,  à la base, c’est une manière que l’on a acquise de se médicamenter. Il y a plusieurs façons de se faire du bien à petite ou à grande échelle, acheter compulsivement, nettoyer compulsivement, médire compulsivement, bien manger compulsivement, etc. Manger en une parmi tant d’autres. On y voit aussi des dénominateurs communs, ces personnes ont souvent eu soit une enfance violente, des parents négligents, des parents désintéressés de leurs propres enfants, un traumatisme dans l’enfance et/ou une enfance malheureuse tout simplement. Elles ont souffert et continuent au quotidien de vivre avec cette souffrance, et ce sans en être totalement conscient.

La prochaine fois que vous croiserez une personne qui selon vous est trop grosse, j’espère que vous la verrez comme une humaine, qui comme vous, veut se sentir bien et n’y arrive pas tout à fait!

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Publié par le 6 mai 2011 dans Mon corps ma vie

 

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J’aime la bouffe

Êtes-vous attiré par la malbouffe? Moi si, je l’avoue. Et lorsque l’on fait une diète, bonne volonté ou pas il est inévitable que les chips condamnés, les hamburgers à éviter, les frites bannit et le chocolat velouté, referont surfaces. Le problème est justement peut-être là; dans le fait que l’on enfouie nos envies de malbouffe sous de bonnes intentions et d’aliments à bannir. Lesquels sont condamnés d’avance par le contexte dans lequel ma génération a été éduqué. Le contexte ici étant, selon moi, une relation malsaine entre nous-même et la nourriture. Mais comment en sommes-nous arrivé là?

Peut-être est-ce la culpabilité engendrée par une éducation à saveur catholique ainsi que l’altruisme valorisé par cette dernière qui a grandement compliqué nos relations avec la nourriture. Prendre soin de sa santé et de soi-même sans être égoïste, est-ce possible? Sûrement pas sans culpabilité.

Depuis les années 90 les spécialistes de l’alimentation sont de plus en plus présents dans les médias. Ils nous éduquent, nous font découvrir de nouveaux légumes bons pour nous, crées de nouvelles diètes irréprochables et surtout nous disent quoi éviter; quels aliments mettre au banc des accusés. Sans pouvoir se départir de Madame culpabilité, tout ces spécialistes de l’alimentation, nouveaux prophètes de leur religion, contribuent à augmenter le poids de la culpabilité.  Dévastateur dans certains cas. Car maintenant, les pré-ados de ce monde savent quoi ne pas manger pour ressembler à leur idole.

Mais après l’éducation alimentaire, reste-il de la crème 35%? De la 15% d’abord? Déception. Je crois que c’est avec des restrictions qu’on fais des prisonniers; des prisonniers de la bouffe santé. Est-ce réalise, avec Madame culpabilité gonflée à bloc, d’essayer de ne pas manger le cornet de crème glacée nappé de chocolat au lait maison? Et ce pendant les cinquante ou soixante années qu’il nous reste à vivre? Mais pensez-y, soixante année à se priver d’un aliment qu’on aime réellement pour son goût. Je ne parle pas ici d’une envie de Big Mac qui une fois mis en bouche et goûté pleinement ne tient pas sa promesse d’orgasme buccale. Mais pour le chocolat; le poulet au beurre; et autres délices, le contrat avec nous-même est bousillé d’avance.

Il est important ici d’établir la différence entre goût personnel et envie de malbouffe. Avant de mettre au banc des accusé toutes ces calories vides, et parfois pleines de goût, ne devrait-on les mettre au banc d’essai? Après toutes ces années privées de frites, vous pourriez découvrir qu’elle ne vous plaisent guère.  Aveuglé par la restriction, vous avez probablement ingurgité des plats qui finalement sans restriction et culpabilité, ne vous satisfassent pas. Pour ma part je préfère de loin une tajine à l’agneau qu’un Big Mac.

Et les minces alors? Sont-ils enfermer dans une prison de saine bouffe ou se donnent-ils eux la permission de manger un Big Mac? Vous trouverez cette réponse dans un livre qui m’a permis de voir la bouffe avec une nouvelle perspective: “Mangez” de Guylaine Guèvremont. Je suis encore en réhabilitation, mais comme j’ai mis une trentaine d’années à arriver ici, je m’en permet autant pour m’en remettre.

Finalement, je crois que prendre soin de soi, veut dire s’aimer assez pour manger de bons légumes apprêtés selon notre goût, laisser ceux que l’on n’aime pas de cotés et manger du dessert quand on en a envie. Vive la bouffe!

 
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Publié par le 13 mai 2010 dans Mon corps ma vie

 

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Voir la vie en Froot Loops

J’ai 37 ans. J’ai oublié. Oublié comment on se sent à 7 ans. 30 années sont passées et ont effacées de ma mémoire la vision que j’avais de la vie à cette époque. Le regard que je posais sur mon univers. Mais je l’ai retrouvé en regardant une publicité de Froot Loops la semaine dernière.
Je me suis sentie plongée dans un univers où le moment présent est seul à notre esprit. Le plaisir a été immédiat. Les couleurs de la publicité étaient vibrantes, rayonnantes et appétissantes. La musique semblait provenir d’un monde parallèle où seul le plaisir et le jeu existe. Puis, cette possibilité de croquer dans quelque chose qui goûte l’arc-en-ciel. Du soleil en boîte! Totalement absent de mes pensés alors : les comptes, le lavage, le travail, l’amie dont je me sent coupable de ne pas avoir pris des nouvelles depuis trop longtemps. J’ai vécu un moment magique, car il m’a fait replonger dans toute l’innocence, la fraîcheur et la légèreté de l’être que je possédais à 7 ans. J’ai sentie mon cœur plus léger. C’est alors que j’ai su que ma vie pouvait être autre chose.
Ma vie se résume essentiellement à mon agenda et mes nombreuses listes de tâche. Puis parfois, un souper entre amis qui me permet de ne pas me sentir trop écrasé sous les responsabilités ou du moins de partager cette réalité. Donc d’en conclure que je suis sur le même chemin que bien d’autres, et qui fait que j’adopte un comportement passif devant cette réalité qui me nourrit d’insatisfactions.
Mais où sont passé les couleurs de ma vie? Le lilas frais et odorant, le rose enjoué, le bleu prometteur et le vert tendre qui m’apaise. J’en suis venu à la conclusion qu’il manque dans ma vie des plaisirs non-coupable et des moments présents. Mais préalablement, la capacité de s’étonner. Les enfants s’étonnent à profusion. Ils ont cette capacité de remettre en question leurs univers ou du moins la compréhension qu’ils en ont. Devant un fait nouveau ou une situation nouvelle, ils s’arrêtent et assimilent ce que ce nouveau apporte à la compréhension de ce qu’ils se font de la réalité. En vieillissant, cette capacité à s’étonner diminue. Parfois, comme elle n’est plus utilisée, bien rangée dans un tiroir de notre inconscient. Car notre confiance en la grande expérience que l’on a de la vie, nous empêche de nuancer la compréhension qu’on s’en fait. On se retrouve en terrain connu, monochrome.
J’ai inscrit à mon agenda pour demain à dix-neuf heure, Froot Loops. Je vais tenter l’expérience de me donner du temps pour être à l’écoute de mes envies et mes désirs. Je suppose qu’au départ, je serais plutôt perdu et à l’écoute de quelque chose de rationnel. L’expérience me tente vivement car je croyais à 7 ans qu’à l’âge adulte j’aurais les ressources pour réaliser tous mes fantasmes! De ce pas, je vais donc mettre le linge dans la sécheuse car l’envie me prend d’avoir l’esprit tranquille pour demain soir!

 

 
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Publié par le 9 avril 2010 dans Introspection

 

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Vive les rhumes!

Quel titre accrocheur direz-vous. Mais il n’en ai rien de moins de l’expérience que j’ai vécu la semaine dernière. Accablé d’une toux persistante, j’ai dû prendre les grands moyens qui selon moi sont les médicaments en vente libre à la pharmacie du coin. Ma petite boîte en main, je ne savais pas alors quelle expérience je m’apprêtais à vivre. Et quelle expérience! Un peu comme un long voyage à l’intérieur de mon moi-même. Après coup et consultation de mon médecin préféré, j’ai compris qu’il y avait dans mes petites pilules des instants d’exaltation concentrés!

Avec une fatigue physique bien présente, j’avais aussi la pensé en vitesse modéré. Le temps avait ralenti au 67, rue des Rameaux et je me sentais zen comme jamais. Pour vous dire, un après-midi, couchée dans mon lit, j’ai vécu un moment tripatif à contempler les draps entrelacés de motifs vert tendres de ma couche. La veille, une fine neige tombant sur les pourtours de ma demeure, chandelles sucrées et vaporisateur cannelle et pomme en main que j’ai accueilli mon amie paraissant un peu trop enjouée!

Je réalise maintenant, que j’ai adoré mon expérience. Cet espace qui s’était crée entre moi et la frénésie des tâches quotidiennes et des obligations me donnait le recul nécessaire à la contemplation agréable de ma réalité. Je trouvais mon chez-moi et ma vie des plus satisfaisants. Je ne désirais plus une nouvelle maison remplie des choses que je n’ai pas. J’appréciais les graines du temps qui passent tout simplement. Je devais sûrement avoir un sourire de collé au visage un peu comme sous influence illégale. J’essaie depuis l’arrêt de la prise du dit médicament, de retrouver cet état de béatitude. Ce n’est certainement pas l’huile d’origan recommandé par ma naturopathe préférée qui a la possibilité de me redonner ce buzz, mais ô combien plus efficace contre une vilaine toux. Elle m’échappe et j’essaie par ce texte de tenter de comprendre et retenir cette satisfaction du moment présent et de ma vie maintenant.

Est-ce illusoire de croire possible un rythme de pensé plus calme? Une vie plus tranquille? N’est-ce pas ce que nous recherchons tous? Avec nos envies de soupers entre amis, vin dispendieux à la main et bouchés fines en bouche. Tout ce mouvement, qui répond certainement à un besoin, dans les médias qui nous poussent à vivre plus d’expériences qui semblent remplies de promesse de bonheur et de temps satisfaisants. Alors, comment y arriver? Quelques semblants de réponse me viennent, mais je sais pertinemment par expérience, que lorsque la question est posée, il est impératif que le chemin menant à la réponse se trace éventuellement. D’ici là, je vais ajouter à une de mes nombreuses listes; prendre du temps pour ne rien faire et si possible bien callé dans le confort de mon sofa.

 
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Publié par le 9 avril 2010 dans Sens de la vie

 

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