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Leçon de vie

Être parent, c’est être en formation continue. On apprend à être plus organisé en prévoyant des crayons et du papier quand on passe un mauvais quart d’heure au restaurant avec des enfants qui hurlent leurs ennuis. On apprend à cuisiner les légumes de milliers de façons pour que les enfants les mangent. On apprend à bricoler soit-disant pour permettre à nos enfants de développer leurs créativités. À un autre niveau, émotionnellement, on peut aussi apprendre beaucoup. C’est ce qui c’est passé pour moi ce matin .

C’est une première dans ma vie depuis que j’ai des enfants. Je suis seule à la maison cette semaine car les garçons sont en camps de jour. Donc, je prévoyais mourir d’ennuie ou manquer de temps. Mais, j’ai eu la surprise ce matin d’avoir un enfant en larme sur le pas de la porte du camp. Il connaît cet endroit car il le fréquente depuis maintenant trois ans. Et de plus, il y a séjourné l’été passé pour un camp. Mais cette fois-ci, il y est seul, sans ses amis habituels, sans son frère, avec un nouveau prof et des nouveaux compagnons.

Léo et moi

Sur mon chemin, il est celui que j’ai été porté en dernier. Pour son grand frère de douze ans, c’est à peine si il nous a regardé avant d’aller s’asseoir pour le début des activités. Il est comme ça, indépendant et autonome. C’est moi qui est ressortie le cœur gros, une part de moi était fière de lui et l’autre part appréhendait toute une journée sans lui et bientôt toute une vie. Comme nous faisons l’école-maison, je vis mon quotidien avec les enfants et je l’apprécie énormément. J’étais loin de me douter que pour son frère, j’aurais à faire appel à cette partie de moi qui encore à mon âge me dérange.

Les situations nouvelles ont pour moi un potentiel de stress et d’anxiété énorme; et ce depuis aussi loin que je puisse me souvenir. Je me rappelle comment je me sentais la première journée de la maternelle. Tout ce qui est nouveau, à différents degrés, me donne une boule au creux de l’estomac. Obligé d’assister à la messe avec la famille de ma cousine dans une église surchauffée et me voilà à crier que non je ne suis pas malade après être tombé dans les pommes en plein homélie. Ça été un coup d’envoie pour ma future carrière d’anxieuse professionnelle. Encore aujourd’hui, la peur de m’évanouir me fais bourdonner les oreilles.

Alors, ce matin, avec un garçon qui pleure sa peur dans cette nouvelle situation, c’est venu me chercher. D’une part, il y a les apparences. Je ne veux pas que les autres adultes perçoivent mon enfant d’une manière peu resplendissante. De l’autre côté, je le comprends tellement. J’ai dû me concentrer pour me souvenir du pourquoi on était là et me dire qu’il serait probablement triste de manquer une semaine complète de dessins de bandes dessinées donné par un passionner. Après un moment en retrait, où entre autre je lui ai clairement, mais doucement, dit que je repartais seul, j’ai eu l’idée de le mettre en contact avec une adulte qui serait pour lui un port d’attache. La responsable du service de garde a gentiment pris la relève et installer mon oisillon sur de moelleux coussins avec une bande dessinée remplie de promesses de détente. Après quelques gorgées de mon café pris dans la voiture, je suis retourné voir la responsable qui avec un sourire compréhensif m’a dit qu’il était bien. J’avais à nouveau le cœur gros, mais cette fois-ci de soulagement.

Je suis bien contente que ce que j’ai appris dans la gestion de mon anxiété m’aura servit à connecter avec mon enfant pour lui permettre de vivre ses émotions dans un climat d’accueil. Parce que la voix de ma mère dans ma tête disait plutôt des trucs comme:”ben là, c’est toi qui a décidé de venir ici et tu vas devoir faire avec, c’est comme ça que ça se passe dans la vie”. Ma voix à moi disait plutôt que dans la vie on est tous différents les uns des autres, c’est ce que j’ai appris entre autre de mes deux garçons qui sont si différents l’un de l’autre. Dans mon intervention de ce matin, je me suis permis à moi aussi de m’accepter comme je suis; anxieuse à temps partiel. Pour lui, ce matin aura été une belle occasion de trouver le courage d’apponter ses peurs à sa manière et d’avoir la possibilité d’en prendre exemple pour plus tard. Pour moi, ça aura été l’occasion d’apprendre à aimer mon enfant comme il est et avec qui je suis.

 
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Publié par le 26 juillet 2010 dans Être parent

 

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